ÉCRAN PARALLÈLE  / LES FILS DU SON

SONG SONG

Gwendal SARTRE

Mention spéciale du Prix Premier
> palmarès 2012

PREMIÈRE MONDIALE

France, 2012, Couleur, 40’

Au milieu d’une maison remplie du sol au plafond d’instruments de musique de toutes époques, de vieux luths jusqu’à de massives consoles électroniques, erre un monsieur d’un certain âge. Il est attablé à son bureau, crayon en main, il sort dans le jardin le temps d’une promenade, il mange frugalement dans la cuisine. Bref, on le sent préoccupé, en quête de quelque chose. Quoi ? Risquons : l’inspiration. On comprendra peu à peu, sans absolue certitude, car ce premier film de Gwendal Sartre cultive à merveille la discrétion et l’ambiguité, qu’il pourrait être compositeur à qui l’on a passé commande d’une partition. Mais où trouver cette manne divine ? Ici et là, dans des bruits infimes, soufflements de bouilloires, rongements d’ongle, dents brossées, trépidations d’insecte et, au bord d’un assoupissement ou dans quelques songeries diurnes, dans les apparitions intempestives d’une jeune femme, muse silencieuse.
L’important ici, on l’aura saisi, est moins la solidité (éventuelle) d’un récit conduit selon les conventions scénaristiques, que de nous égarer au beau milieu de l’insu, dans une contrée fantastique, terra incognita de « l’acte de création. » Du coup, tous les contours se brouillent, ceux des personnages comme ceux des décors qu’ils habitent. Parvenir à faire voir, à rendre palpable, avec autant de modestie que d’exacte sensualité, non même la musique, mais ce qui précède son arrivée ténue et toujours improbable, tel est le défi magnifiquement relevé par Gwendal Sartre. (JPR)
Image : Gwendal Sartre. Son : Oliver Gaillard, Savinien Clerc, Cyprien Parvex De Collombey. Montage : Gwendal Sartre, Alain Rivière.
Production et distribution : Gwendal Sartre.

Filmographie : Mirador, 2010 ; La guerre, 2011.

 Avec Alain Bouckaert, Jeanne Roche, Cyprien Parvex De Collombey, Colette Bouckaert, Hilke Deutsch (violoncelliste)
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