SELECTION OFFICIELLE / COMPETITION FRANÇAISE   FIDMARSEILLE 2009

première mondiale

     

VIDEOMAPPINGS : AÏDA, PALESTINE

Vidéocartographies : Aïda, Palestine

Till Roeskens

 

Grand Prix de la Compétition Française

> palmarès 2009

 

FRANCE / TERRITOIRES PALESTINIENS
2008
N&B
DV
46’

Version originale
Arabe
Sous-titres
Français
Image
Till Roeskens
Voix et dessins
les habitants du camp Aïda, Palestine

Production, distribution
Till Roeskens

Filmographie
DE LA BASE AÉRIENNE 110 À LA PAIX SE RÉVÉLANT À L’HUMANITÉ, VILLE DE CREIL, 2007
PLAN DE SITUATION: JOLIETTE, FRAC PACA / LE DEUXIÈME SOUFFLE & ASSOCIÉS (premier long métrage en cours de réalisation depuis 2007)

   

A l’écran, rien d’autre qu’un autre écran. D’abord intacte, une feuille blanche se macule petit à petit de traits plus ou moins rectilignes. Voilà ces traits qui poussent, se poussent, s’entrecroisent, finissent par s’ordonner en dessin, en tracé, les voilà dérouler une topographie, signaler des lieux, bâtir des maisons, indiquer des parcours, décrire par le menu des écheveaux de routes, d’obstacles. Les voilà coucher des biographies planes. Six feuilles viendront ainsi lentement s’animer, au rythme de récits portés par des voix d’enfants, de femmes, d’hommes qu’on ne verra jamais. Où sont ces voix ? Derrière les feuilles. Certes, mais où encore ? Nulle part : c’est cela justement que ces voix racontent. Ou plutôt, parce que même le nulle part s’entête sur un sol, elles disent qu’elles sont en Palestine, dans le camp de réfugiés d’Aïda, non loin du fameux village qui vit naître le Christ. Elles disent qu’elles sont sans réelle identité, sans protection, sans assurance de lendemain. Exils, deuils, lieu divisé, tout cela fabrique une animation au ralenti, seul témoignage visible d’une expérience dont ceux qui en souffrent restent, comme ils le sont de fait, occultés : des voix et des signes maigrement griffonnés.
On n’aura guère de peine à saisir que si Till Roeskens reprend à sa manière le protocole rendu célèbre par Stanley Brouwn (faire dessiner à des passants son chemin), c’est dans un contexte si différent que c’est notre propre insouciance qui s’en trouve secouée, et nous-mêmes qui devenons les fantômes de notre sécurité.

Nicolas Féodoroff

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