SELECTION OFFICIELLE / COMPETITION INTERNATIONALE   FIDMARSEILLE 2009

première internationale

     

RUINAS

Ruines

Manuel Mozos

Prix Georges de Beauregard International

> palmarès 2009

 

PORTUGAL
2009
Couleur
HDV
60’

Version originale
Portugais
Sous-titres
Français
Image
Luís Miguel Correia
Son
Elsa Ferreira, António Pedro Figueiredo
Montage
Telmo Churro

Production
O Som e a Fúria
Distribution
O Som e a Fúria

Filmographie
4 COPAS, 2008
ALDINA DUARTE: PRINCESA PROMETIDA, 2001
QUANDO TROVEJA, 1999
CINEMA PORTUGUES...? DIÁLOGOS COM JOÂO BENARD DA COSTA, 1996
LISBOA NO CINEMA UM PONTO DE VISTA, 1994
XAVIER, 1992
UM PASSO, OUTRO PASSO E DEPOIS, 1990

   
Le prologue est sans équivoque : c’est le spectacle d'un immeuble soufflé par une explosion. Puis une foule dans un cimetière, la sépulture d'une certaine Henriqueta Souza, femme vénérée dont nous est livrée la biographie mouvementée, et qui, nous raconte-t-on, en souvenir d'amours défuntes a conservé en guise de relique la tête de l'aimé. Le projet du film est posé : quels rapports entre les lieux et la mémoire ? quels rapports entre les récits et les espaces ?
Suivront d'autres sites, d'autres bâtiments, toujours déserts : un quartier silencieux, un restaurant, un théâtre, une station balnéaire, une église, une villa désaffectée ou une usine délabrée. Invisibles les vivants d’aujourd’hui donc, les lieux sont installés dans un temps suspendu par le parti exclusif du plan fixe. Mais d'autres vivants, ceux d'hier, voix d'hommes et de femmes, d'un lieu à l'autre, récitent. Enumération des mets d'un riche menu du 17è siècle, perdrix et bouillon ; échange épistolaire où il est question de dette ; liste de protocoles médicaux désuets ou encore chants ouvriers. Subtiles variations des liens noués entre des récits et des espaces qui subvertissent les évidences illustratives et en piègent les principes ordinaires.
D'une région à l'autre, de Vila do Conde à Lisbonne ou Porto, Manuel Mozos plonge dans l'épaisseur du temps et de l'imaginaire collectif du Portugal. Ni monuments, ni stricts documents non plus, les textes, éléments sonores et espaces sociaux inhabités ainsi revisités par Ruínas, restent bien là mais fantomatiques, ils deviennent porteur d'une insistance narrative face à l'effacement et à la disparition.

Jean-Pierre Rehm

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