SÉLECTION OFFICIELLE / COMPÉTITION INTERNATIONALE   FIDMARSEILLE 2011

première mondiale / compétitions premier film, prix des médiathèques & prix GNCR

   

AUGUST

Mieko Azuma

Mention du Prix Georges de Beauregard International
> palmarès 2011

 

ALLEMAGNE / JAPON
2011
Couleur
HDV
84’


Version originale
Japonais, allemand, anglais
Sous-titres
Anglais
Musique
Berthold Kröker
Image
Yoshihito Takahashi
Son
Gerhard Auer, Magnus Pflüger
Montage
Mieko Azuma

Avec
Sylvana Krappatsch et Hirota Otsuka

Production
If… Productions
Distribution
if... Cinema

   
Un personnage d’écrivain allemande, dont on saura très peu sinon que sa mère perd la mémoire, se rend à Hiroshima pendant la période de la commémoration du bombardement. Guidée par un jeune traducteur japonais, elle rencontre des témoins, des habitants, mais, pas davantage que chez Resnais ou chez Suwa, elle ne parvient à mesurer autre chose que la distance qui la sépare du lieu où elle se trouve et du motif qui l’y a mené. On le voit, à se confronter à telle histoire et à de semblables précédents, l’ambition de Mieko Azuma pour son premier film est grande. Mais si, à l’évidence, cette jeune cinéaste tient remarquablement son pari, c’est qu’elle a su faire s’entrecroiser de manière précise et délicate deux réalités. D’une part, par-delà toute traduction, le constat amer d’un impossible partage : champ et contre champ sont distribués ici sans réversibilité, sans continuité. Une langue ne traduit pas l’autre, encore moins ce qu’elle charrie de l’expérience de son passé et de ses douleurs. D’autre part, le film décrit très sobrement l’existence dans le Hiroshima d’aujourd’hui, qui se poursuit en menant un deuil sans ostentation, effacé, presque invisible. Ainsi abandonne-t-on parfois l’écrivain pour suivre un chauffeur de taxi et son fils, ou le trajet après le travail d’un conducteur de bus. Glissant de façon ténue et bouleversante entre registre documentaire et scènes jouées, Azuma invente une langue cinématographique à elle, pour évoquer à la fois la difficulté à transmettre et la nécessité de jouer des obstacles pour consolider la voie de la mémoire.
Jean-Pierre Rehm
FaLang translation system by Faboba